Les notations orales du rythme

Voici un article très intéressant d’Arnould Massart sur les notations orales du rythme.

Bien qu’il ait oublié de mentionner la méthode O Passo et Lucas Ciavatta, je vous invite tout de même à le lire car c’est une personne d’une grande érudition et ses recherches sont bien documentées.

S’il analyse divers systèmes de notations orales, il conclue son article par cette phrase qui résume le principe de la méthode O Passo, ce qui nous fait penser que nous serions finalement d’accord car hélas, tout au long de son exposé, il n’est que très peu question de relation avec le mouvement.
Or, nous pensons qu’une notation orale sans lien avec la notation corporelle reste d’une efficacité très limitée.

« (…) ce qui importe pour bien saisir le rythme, ce n’est pas tellement la manière dont il se note, mais plutôt la conscience du lien qu’il entretient avec notre corps en mouvement dans le temps et dans l’espace. »

Jérôme Viollet

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Réflexions mesurées

Des Syllabes et des rythmes par Arnould Massart

Seconde partie : les syllabes rythmiques dans les méthodes pédagogiques occidentales

Après avoir envisagé les principaux systèmes rythmiques syllabiques émanant de diverses cultures extra-européennes, nous allons examiner maintenant les syllabes rythmiques élaborées à des fins pédagogiques dans le cadre d’un certain nombre de méthodes occidentales d’enseignement de la musique.

Avant, cependant, de nous lancer dans leur description, une remarque s’impose.
Le «
rythme » auquel se réfèrent la plupart d’entre elles n’y est pas appréhendé de la même manière que dans les traditions musicales du monde que nous venons de survoler. Ici, la conception du rythme, empreinte de pensée solfégique, s’attache intimement à sa notation, d’où l’orientation de la pédagogie vers la lecture et l’écriture des rythmes.
Sans revenir sur
le rapport entre rythme et lecture dont nous avons déjà montré en détail les défis qu’il représente, il nous faut cependant souligner que les méthodes rythmiques que nous allons décrire partagent toutes l’objectif d’inventer, par le recours aux syllabes, un intermédiaire entre ces deux termes facilitant le passage de l’un à l’autre. Le statut du rythme tient donc ici davantage de sa conceptualisation que de son expérience, aucune des méthodes ne se détachant complètement du rapport à l’écrit.

Au regard des traditions rythmiques que nous avons parcourues dans la première partie de cet article, cette hégémonie du texte – toute larvée qu’elle fut – nous rappelle sans surprise que si, pour le musicien arabe, africain ou indien, le rythme s’affirme comme une puissance expressive, il se présente, pour le musicien occidental, encore très souvent comme un obstacle. Tandis, donc, que le musicien traditionnel le chevauche, l’instrumentiste diplômé le redoute. Tandis qu’il s’agit, là-bas, de l’exploiter, de se l’approprier, de le partager, il importe, ici, encore trop souvent de le vaincre. On ne s’étonnera donc pas de la multiplicité des approches pédagogiques visant à le « maîtriser ».

Pour lire la suite : http://www.rythme.be/mag/mag30.pdf

 

L’article suivant vous présentera le point de vue d’O PASSO et de Lucas CIAVATTA sur ce sujet …. (à suivre)

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