Le velers à l’envo. (Le vélo à l’envers.)

En découvrant et en apprenant à utiliser l’outil qu’est la méthode O Passo, certaines personnes sont inquiètes car cela remet en question la façon dont elles ont appris la musique et le rythme plus particulièrement.

En fait, cela bouleverse réellement l’apprentissage traditionnel, surtout dans le fait qu’il implique le corps dans sa globalité, ce qui était innenvisageable dans nombres d’établissements et d’institutions respectables. On m’a moi-même demandé, lorsque j’étais enfant en classe de solfège, de ne pas bouger en écoutant la musique… Très exactement de ne pas « dodeliner » de la tête !… ?

Mais nous parlons du siècle dernier et même si Dalcroze a commencé ses travaux au début du 20e siècle, d’autres lui ont emboité le pas comme Orff, Martenot, Kodaly, Willems par le passé, aujourd’hui Taketina et bien d’autres.

Tous ces concepts sont, je pense, complémentaires et ont tous en commun l’implication corporelle, ce qui en fait des méthodes dites « actives ».

Il est maintenant reconnu, à part dans quelques chapelles indécrotables, que la compréhension rythmique doit être corporelle mais pour O Passo, elle n’est complète et efficace que si elle met en relation la pensée et le corps.

Il est donc parfois difficile de réapprendre des choses que l’on a apprises par d’autres biais, en acceptant de partir du principe que l’on ne sait pas, même si ce postulat est le seul valable pour intégrer quelque chose de nouveau. Le fait d’apprendre autrement ce que l’on pensait savoir (avec des lacunes plus ou moins avouées), peut laisser penser que l’on va perdre et oublier nos acquis.

L’expérience tentée et réussie dans « The Backwards Brain Bicycle », est particulièrement parlante : Celui ci a cherché à prouver qu’apprendre une technique complètement à l’opposé de l’apprentissage initial, permet non seulement de développer une nouvelle connaissance, sans pour autant oublier les compétences engrangées.

Son expérience consiste à apprendre à faire du vélo à l’envers : Il a trafiqué le guidon pour que lorsqu’il tourne celui-ci vers la droite, la roue s’oriente vers la gauche, et inversement.

S’en suit bien sûr, beaucoup de difficultés et une série de chutes, jusqu’à la maîtrise finale de son engin monté à l’envers. Mais il a pu vérifier aussi qu’il n’avait rien perdu de sa capacité à faire du vélo à l’endroit même si cela lui a pris quelques secondes.

Il a augmenté et renforcé ses compétences en acceptant de remettre en cause ses acquis, ce qui nécessite du courage, de la curiosité et surtout de l’humilité : The Backwards Brain Bicycle .

Jérôme Viollet

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