
A mon arrivée à Montpellier, en 1998, je commence à collaborer avec l’association « Métiss’art », dont l’objectif est de promouvoir la culture caribéenne en général et cubaine en particulier. De cette dynamique naît « La Bollera », école de comparsa dédiée aux musiques et danses du carnaval cubain. Très rapidement, l’ensemble réunit une cinquantaine de musiciens et danseurs, animés par une énergie collective forte et fédératrice.
Au sein de ce projet, je prends en charge la direction musicale : organisation et structuration des pupitres de percussions, arrangements pour les cuivres, transmission des chants traditionnels. Cette responsabilité m’amène à développer une vision globale du travail musical, à la fois artistique, humaine et pédagogique.
Cette expérience transforme profondément ma manière d’envisager l’enseignement. Je découvre concrètement l’importance de la gestion de l’énergie de groupe, de la psychologie individuelle et collective, ainsi que de l’observation fine des capacités motrices propres à chaque élève.
Des notions qui, jusque-là, demeuraient abstraites ou lointaines deviennent centrales dans ma pratique. La pédagogie cesse d’être une simple transmission technique : elle devient une expérience vivante, passionnante, exigeante et profondément gratifiante.
Peu à peu, s’impose à moi la nécessité de développer une méthode personnelle, en accord avec mes convictions musicales et humaines.